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Abraham Louis Breguet

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C’est en 1747 à Neuchâtel en Suisse que naît Abraham-Louis Breguet au sein d’une famille bourgeoise honorablement connue. Il n’a que onze ans lorsque décède son père, et le remariage de s a mère avec Joseph Tattet, horloger, va orienter son destin. Abraham-Louis est très tôt mis en apprentissage dans un atelier des Verrières et ses dispositions pour le métier sont telles que Joseph Tattet, qui entretient des affaires en France, décide de placer le jeune Breguet dans un atelier de Versailles et par la suite chez Ferdinand Berthoud, horloger de la Marine Royale. En même temps, Abraham-Louis suit les cours de mathématiques et de physique dispensés au collège Mazarin par le Père Joseph-François Marie, précepteur des enfants du comte d’Artois. D’ailleurs, c’est grâce au Père Marie qu’Abraham-Louis fait la connaissance de Cécile Marie-Louise Lhuillier, fille d’un bourgeois parisien, qu’il épouse en 1775 en l’église saint Sulpice, après avoir renoncé à la religion réformée.

Le jeune couple s’installe au
39 quai de l’Horloge, à proximité du Pont-Neuf, dans une maison appartenant à la famille de Polignac. Abraham-Louis ne connaîtra malheureusement qu’une courte période de bonheur conjugal. Sa femme meurt en 1780, à l’âge de 28 ans, le laissant seul avec son fils, Antoine-Louis, qui deviendra son collaborateur et ultérieurement son successeur. Abraham-Louis ne se remariera jamais mais sa jeune belle-sœur Lhuillier viendra s’installer au Quai pour s’occuper de l’enfant.

Abraham-Louis débute sa production de montres après avoir obtenu une dérogation pour défaut de maîtrise ; il n’est mentionné comme « maître » qu’en 1784. Entre temps, il a inventé et mis au point la montre « perpétuelle » (on dit aujourd’hui « automatique »  ), c’est-à-dire la montre qui se remonte toute seule grâce aux mouvements du corps qui font tourner une masselotte incluse dans le mécanisme. La première est vendue au duc d’Orléans en 1780. La deuxième est réalisée pour la reine Marie-Antoinette. Dés lors, Breguet va compter les plus grands noms de France parmi ses clients. S’étant fait connaître en Angleterre, il reçoit commande du roi Georges III et se lie d’amitié avec John Arnold, le plus grand horloger anglais, dont il prendra le fils en apprentissage ; à charge de réciprocité pour le sien, Antoine-Louis qui séjournera à Londres pendant deux ans.
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En 1793, A-L Breguet, devenu suspect et risquant d’être arrêté par le gouvernement révolutionnaire, réussit à gagner la Suisse avec son fils, grâce au passeport que lui fait délivrer son « ami » Marat par le Comité de Salut Public. Il passe deux années à Genève pendant lesquelles il monte un petit atelier et laisse germer les idées de ses plus grandes réalisations ultérieures comme le « tourbillon », dispositif complexe qui permet d’obtenir une très grande précision.

A son retour à Paris, en 1795, il réussit à récupérer ses biens confisqués, fait l’acquisition de la maison du quai de l’Horloge et relance ses affaires avec la montre dite « 
Souscription », une montre simple à une seule aiguille, fabriquée en petite série et pour laquelle le client doit verser une avance à la commande.

C’est grâce à un système de relations personnelles, qu’Abraham-Louis Breguet développe un réseau de vente international qui comprend un ensemble de clients prestigieux notamment en Espagne, en Russie, plus tard en Turquie.

Tout en donnant à ses montres un aspect résolument moderne et élégant : boitiers minces et dépouillés, cadrans émaillés blanc et aiguilles en acier bleui , A-L Breguet conçoit des pièces rares et uniques qui séduisent par leurs innovations techniques et leur difficulté d’exécution. Parmi ses principales inventions considérées comme des sommets de l’art horloger :
la montre automatique, le spiral, la montre à tact, le système pare-chute, la montre à tourbillon, la pendule sympathique, la pendule trois-roues
La fameuse montre incluant toutes les complications connues, « 
la Marie-Antoinette », dont il a entrepris la réalisation, ne sera achevée par son fils qu’en 1827, quatre ans après sa mort.
Passionné par tout ce qui touche à la mécanique, Breguet accepte de concevoir et de réaliser pour Claude Chappe le mécanisme de son
télégraphe optique dont la première ligne Paris-Lille sera établie en 1792. Abraham-Louis en sera bien mal récompensé par Chappe qui l’empêchera de faire adopter un système plus performant qu’il a développé avec son ami Bétancourt.

Abraham-Louis Breguet,
horloger de la Marine royale, membre du Bureau des Longitudes, membre de l’Académie des sciences par décret du roi Louis XVIII, est souvent considéré comme le plus grand des horlogers.