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Louis
1880 - 1955

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Orphelin de père à l’âge de deux ans, Louis Breguet voit sa curiosité scientifique éveillée par un proche de la famille, le professeur Charles Richet, ( prix Nobel de Médecine 1913) un homme à l’esprit encyclopédique, passionné par toutes les sciences et leurs applications. Louis a seize ans lorsque Charles Richet le fait participer au lancer d’un engin volant équipé d’un moteur à vapeur ; expérience qui sera à l’origine de sa vocation aéronautique.

Pour Louis, sorti major de Sup’Elec, la carrière semble toute tracée ; il est attendu à l’usine familiale de constructions électriques de Douai. Mais, en 1903,à l’époque du premier vol des frères Wright, il avoue à sa jeune épouse qu’il est subjugué par la conquête de l’air. Avec  son frère Jacques, polytechnicien, il récupère un petit atelier dans lequel ils étudient scientifiquement la traction d’une hélice et la sustentation d’une voilure tournante.

L’important c’est de quitter le sol, et pourquoi pas verticalement comme Robur le Conquérant,le héros de Jules Verne. En 1907, Louis Breguet avec l’aide de son frère et du professeur Richet conçoit un ancêtre de
l’hélicoptère, baptisé le Gyroplane N1, appareil à quatre rotors qui sera le premier au monde à s’élever seul verticalement avec son moteur et son pilote à bord … à la hauteur de 0,60 mètres, puis de 1,50 m.

Le manque de puissance des moteurs de l’époque pousse Louis Breguet à abandonner les voilures tournantes pour les aéroplanes classiques et en 1909, il pilote son premier biplan,
le type 1. Le succès du Br type 3 au concours des avions militaires de Reims en 1911 apportera les premières commandes importantes à la jeune « Société Anonyme des Ateliers d’Aviation Louis Breguet ». Succès également pour les premiers hydravions type U3.

Quand éclate la guerre en août 1914, Louis, qui a replié ses ateliers à Villacoublay, est affecté à la défense du camp retranché de Paris. Le 2 septembre, le sergent Breguet pilote un de ses appareils avec le lieutenant Watteau pour observateur pour effectuer la mémorable reconnaissance qui sera à l’origine de la victoire de la Marne.

En 1916, apparaît le
Breguet XIV, un appareil entièrement métallique, aux performances étonnantes pour l’époque ; huit mille exemplaires sont fabriqués et équiperont plusieurs flottes alliées. Il poursuivra une carrière civile aux mains des grands pilotes de l’Aéropostale.

Considéré comme le père de l’aviation scientifique, Louis Breguet est devenu à la fin de la guerre l’un des principaux constructeurs aéronautiques mondiaux. Il a une vision futuriste du transport aérien et rêve de voir l’avion devenir moins cher que le train. Avec son frère, il crée la compagnie des « Messageries Aériennes » pour transporter passagers et marchandises.

Au Salon de l’Aéronautique de 1921, le Breguet XIX attire tous les regards. Commandé par de nombreux pays, il sera l’avion de tous les records, notamment ceux des grands raids ; en 1930, une version spéciale, le Breguet  Bidon « 
Point d’Interrogation » sera le premier à traverser l’Atlantique dans le sens Paris-New York, celui des vents contraires.

En 1933, Louis Breguet est repris par l’aventure des voilures tournantes et fonde le « Syndicat d’Etudes du Gyroplane » avec l’ingénieur René Dorand.
Le Gyroplane-Laboratoire, équipé de deux rotors coaxiaux bipales, battra tous les records du monde de vol pour hélicoptère en 1935 et 1936.

Au début de la 2
ème guerre mondiale, le Breguet 693, avion d’appui et d’attaque au sol, montre des performances remarquables qui lui vaudront l’appellation de « lion » de l’aviation d’assaut.

La paix revenue, Louis Breguet va reprendre l’étude de cet avion de transport dont il rêve, appareil polyvalent et économique ; ce sera
le Breguet 760 « Deux-Ponts », qui équipera Air France.

Louis Breguet, grand officier de la légion d’honneur, décède le 4 mai 1955. Mais, l’impulsion qu’il a donnée à son bureau d’études va permettre de lancer les programmes de l’avion embarqué Br 1050 « Alizé », du chasseur « Jaguar » et de l’indémodable Br 1150 « 
Atlantic » qui est encore en service dans l’Aéronavale et dans plusieurs pays de l’OTAN.


Bibliographie :
Pierre Faure, Louis Breguet, Blondel la Bougery, 1938,
Guy Michelet Breguet, Éditions France-Empire, 1963
Jean Cuny et Pierre Leyvastre, les Avions Breguet (1940/1971),Docavia Editions Larivière
Emmanuel Breguet, Breguet, un siècle d'aviation, Privat, mars 2012